Il faut réfléchir à la façon dont "le monde combattant" peut s'inscrire dans le contexte de "bascule stratégique", selon la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants.
Alice Rufo à Paris, le 17 mars 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
Comment mobiliser les anciens combattants et leur permette de jouer un rôle "majeur au service de la force morale" de la France ? Alors que le contexte stratégique mondial se dégrade, que la menace s'accroît en Europe et que la désinformation progresse, la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, Alice Rufo, a lancé lundi 13 avril les "Assises du monde combattant", qui doivent aboutir d'ici au 11 novembre à des mesures sur les évolutions et le rôle de ces nombreuses organisations, leur rapport avec la société et les militaires.
Pointant les mutations démographiques d'une population d'anciens combattants d'Algérie amenée à se réduire et les vétérans des opérations extérieures à devenir majoritaires, la ministre déléguée a relevé également une évolution sociologique. "On ne s'associe plus en 2026 comme on le faisait dans les années 1960. (...) Il y a une vraie volonté d'engagement mais sur des formes peut-être plus différentes, plus thématiques, plus ponctuelles, peut-être moins hiérarchiques par moments", a-t-elle estimé.
"Donner de la visibilité au monde combattant".
Or il faut, selon elle, réfléchir à la façon dont "le monde combattant" peut s'inscrire dans le contexte de "bascule stratégique".
"La menace s'accroît en Europe, le Proche et le Moyen-Orient connaissent des déstabilisations très accélérées qui ne vont pas se résoudre du jour au lendemain, la généralisation de l'usage de la force affaiblit le droit international, les architectures de sécurité qui ont structuré notre monde depuis 1945 s'affaissent, disparaissent ", a-t-elle énuméré.
Face à la désinformation devenue une "arme de guerre", "ce que nous documentons aujourd'hui, la manière dont nous luttons contre la désinformation aujourd'hui sera partie prenante de la mémoire de demain", a-t-elle insisté : "C'est devenu un acte militant de dire la vérité historique et de lutter contre sa falsification".
Il faut donc renforcer cette "mémoire partagée" et y associer aussi bien les associations d'anciens combattants, que les armées, les ministères comme celui de l'Éducation nationale, les syndicats et entreprises, mais aussi "le monde de la création" pour "donner de la visibilité à ce monde combattant".
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